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dimanche 27 décembre 2015

Révisons les classiques de la réserve de Banyuls (2)


Pour des raisons rarement raisonnées, certains animaux nous évoquent plus de choses que d’autres. Par exemple, dans l’imagerie populaire, le grand dauphin n’est pas forcément considéré comme un prédateur à la gueule garnie d’une rangée de dents impressionnante. Ou encore, les requins souffrent d’un délit de sale gueule et d’une image de féroces gloutons, surtout auprès de ceux qui n’en ont jamais vus en plongée. La réserve de Banyuls-Cerbère a aussi des habitants au nom évocateur d’images variées.

 

Le poisson qui attire le plus les plongeurs sur ce site est sûrement le mérou brun. Il est plus facile à observer que sur les autres sites où sa présence se confirme de saison en saison, mais où les rencontres sont bien plus furtives. Le mérou est casanier. Il fréquente toujours les mêmes endroits, ce qui permet de le trouver plus facilement. Encore plus que les corbs, une fois dérangé, il revient à son abri. C’est pratique pour le plongeur qui passe après un troupeau d’énergumènes excités. Les jeunes sont assez farouches alors que les vieux mâles ont plus d’assurance et sont plus sereins. Pour l’approcher, il vaut mieux faire comme si on ne l’avait pas vu, d’avancer très lentement sans remuer et guetter du coin de l’œil ses réactions (comme le mouvement de la nageoire dorsale).






La dorade royale évoque au plongeur gourmand un poisson grillé savoureux. Au passage, sa marque dorée entre les yeux ne disparaît pas totalement à la cuisson, ce qui permet d’éviter de se faire servir de la dorade grise à la place. Dame Nature pense à tout ! La dorade royale peut se trouver juste sous la surface, dans la partie la plus oxygénée de l’eau battue sur les roches affleurant. Elle se déplace de la surface au fond avec vivacité, le plus souvent en suivant d’assez près les roches. Pour l’observer de près, il vaut mieux bien calculer son coup de manière à se trouver sur son passage, mais sans lui donner de mauvaise impression.



 

Le denti a un comportement assez comparable à celui de la dorade royale. Souvent seul, il nage au-dessus du fond en gardant une bonne distance avec le plongeur. Il sait faire preuve d’une grande vivacité pour s’éloigner. Lui aussi, il vaut mieux faire comme si on ne l’avait pas vu et se trouver sur son passage afin d’apprécier de plus près la teinte bleue de son dos.



 

Rodant au milieu d’autres poissons en bancs, les loups restent en pleine eau loin du fond. Solitaire ou en petit groupe, le loup peut atteindre 70 à 80 cm, ce qui complique la cuisson en papillote. Dans la réserve, ils sont peu farouches et le plongeur calme et patient qui saura planer parmi les sars et les oblades pourra se laisser approcher par les loups.





Enfin, depuis quelques années, une espèce semble s’être installée dans ce coin de Méditerranée. Le barracuda s’est implanté en Roussillon et les rencontres à la réserve se font de plus en plus fréquentes. Ce prédateur de pleine eau rode solitaire ou en bancs. Sa morphologie est immédiatement reconnaissable, rappelant le brochet, d’où son surnom de brochet de mer. Pour l’observer, plus encore que pour les autres, il faut garder un œil dans le bleu vers la surface.

 



 

La réserve est l’endroit pour observer ces espèces. C’est une chance pour le plongeur de faire la plupart de ces rencontres presque systématiquement. Mais les animaux méritent le respect de leur tranquillité. Plus le plongeur sera calme et délicat, plus il profitera sans déranger.

 

Révisons les classiques de la réserve de Banyuls (1)


Parmi les nombreux sites de plongée de la côte rocheuse du Roussillon, la réserve de Banyuls-Cerbère attire inévitablement les visiteurs. En fait, à en juger par les demandes de certains plongeurs souhaitant découvrir pour la première fois les fonds sous-marins locaux, le simple mot « réserve » semble magique. On pourrait y voir une sorte de croyance inconsciente que la mer est ravagée et que la réserve, havre de paix préservé de tous les maux, contient à elle seule toutes les merveilles de la vie aquatique. Bien sûr, il n’en est rien. Simplement, la réserve concentre plus d’individus de certaines espèces qu’ailleurs sur la côte. C’est donc pour observer la densité de ces espèces qu’il faut s’y rendre.

 

A la réserve, le spectacle se déroule le plus souvent entre le plongeur et la surface. Il faut donc penser à ne pas rester le masque collé à la roche. Par ailleurs, quelques informations sur les espèces les plus fréquentes peuvent être utiles pour les approcher au mieux.

 

A quelques mètres sous la surface, les sars sont en bancs de plus en plus importants à mesure que l’été approche. Si nombreux, ils semblent rester assez éloignés de la roche par rapport à d’autres sites où on les observe en petits groupes picorant sur le fond. Ils sont calmes et se déplacent très lentement en l’absence de stress. Le plongeur peut les approcher de très près, à condition de ne pas remuer et de limiter les bulles.




 

Les saupes naviguent de la surface jusqu’au fond, au rythme de mouvements de bancs esthétiques assez rapides. Les individus peuvent constituer des bancs étonnamment importants qui se déplacent continuellement, que ce soit en pleine eau ou sur la roche qu’ils broutent bruyamment (ça vaut la peine d’ôter la cagoule pour bien apprécier). Comme pour les sars, le plongeur qui reste calme et qui limite ses bulles peut s’approcher extrêmement près sans les alarmer.






Les sars tambours sont parfois seuls, souvent en binôme, plus rarement en groupes de 4 à 5 individus. Ils sont le plus souvent à proximité de la roche. Très craintifs, ils gardent une grande distance de sécurité avec le plongeur et il faut de la ruse, du calme et de la patience pour les approcher de près. La réserve est un lieu plus facile d’accès pour les observer que les épaves profondes où ils peuvent être nombreux.



 

Les corbs de la réserve semblent savoir qu’ils ne risquent en théorie pas grand-chose des visiteurs. Leur comportement de tolérance semble plus marqué que sur d’autres sites où on les croise bien moins fréquemment. Toujours en petits groupes, ils se placent généralement au niveau des crêtes des failles et, s’ils en sont chassés par les plongeurs de passage, ils ont tendance à revenir à leur point de départ ou à proximité après quelques instants.




 

Ces poissons donnent une impression de profusion dans la réserve. Mais il y en a d’autres pour lesquels la visite de ce site est intéressante, d’autres poissons à l’image plus emblématique ou évocatrice…