dimanche 27 décembre 2015

Une bébête peut en cacher une autre

Quand la visi est très réduite, on observe les choses de près… Alors, quand une petite chose noire se découpe sur le fond ocre de graviers et de coquillages, ça attire le regard. La première idée a été que c’était un nudibranche en vadrouille. Après tout, la péniche en héberge toute l’année. C’est en s’approchant tout près de la chose que les questions muettes ont commencé à transiter entre nos neurones isolés de l’eau fraîche par le néoprène : quesquecestqcetruc ? (le froid, ça contracte)

 



La chose ressemble à un doridien avec ce qui pourrait être un manteau lisse au bord froufrouté. Mais il n’y a pas trace d’un panache branchial ni de rhinophores, d’un côté ça semble être un peu enfoncé dans le substrat et de l’autre, il y a une excroissance bizarre.

 



J’entreprends de dégager délicatement autour de la chose et je suis surpris de sentir que sous les graviers, c’est étonnamment souple… Après quelques centimètres carrés déblayés, je découvre que sous la couche de sédiment il y a quelque chose de gris-brun avec taches plus sombres façon camouflage. A ce moment, je comprends et j’arrête de gratouiller… On va continuer en créant un courant d’eau à distance pour mettre à jour la raie torpille complètement enfouie et pas stressée du tout, heureusement…

 




Mais alors, la chose noire ? C’est un parasite, Branchellion torpedinis, une sangsue des raies. Tout autour du ver, plus d’une trentaine de paires branchies donnent cet aspect froufrouté. L’animal possède une grosse ventouse de fixation à l’arrière du corps et, au bout d’une extension tubulaire, une petite ventouse orale grâce à laquelle l’animal peut accrocher la bouche pour sucer le sang de la raie.

 



Merci à François pour ses photos et merci à la raie torpille pour sa patience !

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