dimanche 27 décembre 2015

Nudibranches et associés (4)

Il serait trop simple de regrouper tout ce qui ressemble sous l’eau à une limace au sens large dans le grand ensemble des nudibranches (comme nos amis anglophones le font lorsqu’ils appellent cela « sea slugs »). Le naturaliste a toujours la fâcheuse manie de ranger ce qu’il trouve dans des cases selon des critères plus ou moins évidents au premier abord. Le plongeur, lui, n’est pas toujours un taxonomiste averti et avouons que l’intérêt de l’être est limité dans la pratique de son sport favori. Aussi, j’implore la compréhension de tous les experts fâchés et perdus dès que l’on bouge les cases, car j’ose ci-dessous présenter des animaux que les plongeurs rencontrent en étant convaincus qu’ils peuvent être des nudibranches.

 

Commençons par ce gros mollusque, mou comme son nom le suggère, mais d’une très grande douceur au toucher. L’aplysie (probablement Aplysia depilans ci-dessous) est un herbivore qui atteint les 25-30 cm. Ces rhinophores enroulés au-dessus de sa tête rappelleraient des oreilles de lièvre, d’où son appellation de lièvre de mer.


 

Ces grands parapodes, relevés sur son dos, lui permettent à l’occasion de nager par des mouvements d’ondulation.





Petit détail pour finir : ce mollusque émet, lors de sa ponte, plusieurs molécules pour inviter d’autres individus présents dans les parages à participer à la reproduction.

 

 

Un peu de couleur avec la tylodine jaune (Tylodina perversa). Sa couleur lui permet de se confondre avec l’éponge jaune dont elle se nourrit. D’ailleurs, certains suggèrent que la coloration proviendrait les pigments ingérés. La tylodine a une coquille externe qui peut rappeler celle de la patelle, en plus fin et fragile, sauf que la tylodine en déborde largement. Donc pour la trouver, comme je vous l’ai dit précédemment, retenez ce qu’elle mange et prenez le temps d’observer attentivement.



 

Encore plus de couleurs avec la thuridille (Thuridilla hopei). Là, je dois vous avouer que dans le précédent chapitre, je n’avais pas prévenu mes collègues taxinomistes avant de parler de l’elysie… Car la thuridille, comme l’elysie, ne rentre pas dans la case Nudibranchia… Ce mollusque se reconnaît très facilement à ses très grands rhinophores. Les replis le long du dos forment un motif à rayures blanc-bleu-jaune à orange.



 

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